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Depuis quelques semaines, les îles des Caraïbes sont envahies par des algues appelées Sargasses.
Ce fléau naturel fait aujourd’hui la une de l’actualité touristique des Antilles Françaises. Il faut dire que la crise prend une ampleur très particulière avec des quantités d’algues très impressionnantes se déposant tous les jours sur les plages et dans les marinas.

Qu’est ce que les Sargasses ?

Il ne s’agit en aucun cas d’une pollution industrielle, même si comme on le verra plus loin, l’impact de l’homme n’est pas neutre.

Les Sargasses qui touchent les Caraïbes sont des algues venant du Brésil, de la région du fleuve amazone pour être plus précis. Elle ne proviennent pas de la Mer des Sargasses, située plus au nord.
Depuis 2011, un variation climatique très nette et un changement de courant induit à fait varier la dérive de ces algues, pour les entraîner vers les Antilles ( la Guyane est elle aussi touchée).
La multiplication de ces algues seraient due à l’enrichissement important de la mer en nutriment, via les cultures intensives brésiliennes, couplé au phénomène de réchauffement climatique et à la déforestation des zones.

Quel risque ?

Il n’existe pas de risque “mécanique” a toucher ces algues.
C’est plutôt leur décomposition qui est problématique, d’autant que la quantité rend le phénomène exponentiel.

En se décomposant, les Sargasses libèrent de l’hydrogène sulfuré ( h2s) donnant cette odeur d’œuf pourri. Mais l’hydrogène sulfuré et l’ammoniac, en plus de rappeler les “boules puantes” est un gaz nocif pour l’homme. Selon le journal le Monde, les quantités d’Algues devraient être supérieures cette année à celle de 2014-15 triste record passé. Le même journal dans son article du 8 mai explique qu’il s’agit

 C’est une véritable catastrophe sanitaire, environnementale et économique, que connaissent en particulier les Antilles françaises.

La faune et la flore marine est aussi impactée avec des effets sur les bancs de poisson ( et donc l’industrie de la pêche) mais aussi sur les tortues ne pouvant plus rejoindre le bord.

L’état vient de débloquer une enveloppe exceptionnelle de 3 millions d’euros pour traiter une partie du problème, c’est à dire le ramassage dans les ports et sur les plages touristiques, mais aussi pour essayer d’endiguer le problème avant l’arrivée sur les îles. Un temps envisagé, le dragage préalable en haute mer ne semble pas être la solution idoine.
En attendant donc, des solutions de fortunes sont mises en place en fonction des arrivées de cette algue brune. Pourtant le phénomène existe depuis 2011 et certains professionnels du tourisme avaient déjà anticipé le problème.
C’est par exemple le cas de ce couple gérant un ensemble de location de villas de luxe sur la plage de Saint-François. Depuis des années, ils ont installé à leur frais une barrage flottant protégeant leur zone et évitant la très grande majorité des échouages sur leur plage. Résultat, leur client profite des villas et du sable blanc des plages à leur pied, sans être non plus importunés par l’odeur. Mais cette démarche a été faite de façon privée et par anticipation comme le relate leur blog. Cela ne résout en rien le problème des arrivées massives d’algues sur les côtes.
La grogne commence d’ailleurs à poindre selon les endroits de l’île, certains considérant être traité comme des citoyens de seconde zone non prioritaire dans le traitement car situés sur des zones moins touristiques.
Enfin, le problème des zones de stockages des algues ramassées reste là aussi un dossier brûlant pour les communes qui réceptionneront des quantités très importantes cette année.